Le sexe quand on vit seule en face de sa Cam

Ce n’est pas parce qu’on a renoncé à avoir un homme dans sa vie que la libido tombe automatiquement à plat. Elles sont nombreuses à vivre seules et à gérer une sexualité de solitaire. Qu’elles aient opté pour la baise quasi anonyme du plan cul ou plan cam, pour le vieux copain toujours prêt à rendre service, ou pour le thérapeutique plaisir solo, elles avouent tout…

C’est incroyable tout ce qu’on peut faire avec son index et un peu d’imagination…

femme seule cam

Il y a deux décennies à peine, les gens qui vivaient seuls étaient considérés comme des marginaux, des mésadaptés sociaux, voire même des clients “à risques” pour les compagnies d’assurances. Même de nos jours, et bien que près de 36% des adultes soient célibataires, on continue de regarder d’un oeil suspicieux celle qui ose vivre sans homme, par choix ou par défaut.

On les croit facilement frustrées, aigries, amères face à un choix que la vie leur a imposé. Il n’en est rien. Du moins pour celles que nous avons rencontrées. Toutes trouvent même une foule d’avantages à vivre seule: la suprême liberté, le privilège de ne faire que ce qui leur plaît, sans devoir se contraindre au moindre compromis.. “Et pas question de trouver le siège levé quand je vais aux toilettes à 3 heures du matin!” ajoute Christiane, 41 ans, seule et fière de l’être. Une seule ombre à ce tableau apparemment si parfait… “Évidemment, quand on est seule et qu’on regarde les scènes de cul de plus en plus croustillantes qu’on nous propose à la télé, c’est parfois inconfortable, ajoute Christiane. Je suis seule, mais je ne suis pas morte. Mais c’est incroyable tout ce qu’on peut faire avec son index et un peu d’imagination…ou devant une cam”

Les unes baisent…Les autres font un plan cam

 Un mec pour baiser, ça se trouve: certaines ont l’embarras du choix!

Line n’a rien d’une hermite. Elle a du succès dans ses affaires, du succès dans ses amours. Mais, elle n’a jamais daigné partager son appartement avec qui que ce soit, même si elle fait occasionnellement l’amour avec quelques copains. “Puis il y en a un qui se trouve une compagne de vie et qui cesse de me téléphoner, qui ne retourne pas mes appels. Je comprends vite et ça ne me dérange pas plus que ça. Il y en a d’autres. En fait, ce que j’ai à offrir, c’est ce que recherche la plupart des gars : une relation occasionnelle, un plan cul, sans attentes, sans promesses.”

L’insécurité sexuelle, ce n’est pas son lot. “Pas besoin de faire l’amour tous les soirs! J’ai des tas de copines qui doivent se plier à la libido galopante de leur conjoint. Moi, je n’ai pas ce problème. Je ne fais l’amour que lorsque j’en ai vraiment – mais alors là vraiment! – envie.” Et quand aucun de ces bons samaritains ne se révèle disponible… “Pas question d’avoir recours aux bars et aux amants d’un soir, ajoute-t-elle. Si les copains ne sont pas disponibles, alors je me change les idées. C’est fou ce qu’une boîte de chocolats belges peut avoir comme effet..”

Colette, 32 ans, n’est pas d’accord avec Line quant aux baises d’un soir. “On rencontre des gars très biens dans certains bars ou sur les sites de plan cam, dit-elle. Il faut évidemment choisir son lieu de drague et le type d’homme qu’on ramène chez-soi. Je choisis habituellement des hommes plus vieux, d’au moins 45 ans. Ils sont souvent plus habiles, moins impulsifs. Ils sont surtout souvent mariés ! Alors il n’y a pas de problème pour les larguer à la première occasion. Ils sont même plutôt soulagés de constater qu’il n’est pas question d’une relation à long terme avec moi.” Conclusion : un gars pour baiser, ça se trouve comme un pan cul “Ce n’est pas toujours très reluisant comme expérience charnelle, avoue Colette. Mais c’est mieux que rien. De toute manière, je connais un paquet de filles qui ont un mari ou un amant officiel et qui n’ont certainement pas toujours des expériences sexuelles radieuses.”

Les autres pas!

Le sexe, on peut toujours s’en passer; la tendresse, c’est plus difficile…

Contrairement à ce que le psychanalyste autrichien Wilhelm Reich, (un contemporain de Freud) a prétendu dans son oeuvre maîtresse, La fonction de l’orgasme, une sexualité hyperactive n’est pas nécessairement le remède à tous les maux. Certains sexologues vont même jusqu’à prétendre que l’expression de la sexualité par les rapports sexuels n’est pas un besoin vital. “Et, en ce sens, c’est à l’individu de déterminer l’énergie qu’il veut bien octroyer à l’expression de sa sexualité, explique Andrée Matteau, sexologue. L’être humain commence par se nourrir, s’accorder du repos, assurer sa survie, puis ensuite il considère la sexualité. Le désir est l’expression sensuelle de l’énergie vitale, mais il vient en dernier lieu, loin derrière l’alimentation et l’instinct de survie.”

On peut donc opter pour l’abstinence, parce que trouver un partenaire sexuel demande trop d’énergie. “Il y a trois ans que je suis divorcée et les dernières années de mon mariage ont été tellement stressantes, tellement pénibles et épuisantes émotivement que j’ai décidé de prendre soin de moi plutôt que de trouver un autre mec, raconte Joëlle, 29 ans. Et prendre soin de moi, c’est d’abord me calmer la libido. Si un beau gars faisait des pieds et des mains pour m’avoir, peut-être que je dirais oui. Mais en ce qui me concerne, c’est la loi du moindre effort qui régit ma vie sentimentale. Je suis convaincue que si le sexe me manquait tant que ça, je trouverais les moyens pour trouver un homme. Mais pour l’instant, je ne suis pas disponible pour ce genre d’activités.”

Pour Joëlle comme tant d’autres, ne pas faire l’amour, c’est maintenant un privilège du célibat, au même titre que le droit de choisir seule et sans contrainte le menu du souper, l’émission de télé à écouter, ou l’heure de se coucher. “En fait, la carence est presque plus émotive que sexuelle, ajoute-t-elle. Ce qui me manque vraiment, c’est le contact physique, une caresse en passant, un baiser sur la nuque. Le sexe, on peut toujours s’en passer; la tendresse, c’est plus difficile…

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Génitalité contre sensualité

Quand l’envie de sexe prend à Myriam, c’est urgent, alors elle assouvit ses envies n’importe où!

On peut renoncer à la génitalité plus facilement que du partage d’une certaine sensualité. “Tout ce qui fait appel aux sens est relié à l’expérience sexuelle, conclut Andrée Matteau. Il faut s’ériger contre l’image véhiculée par la pornographie; l’image d’une sexualité purement génitale, basée sur la performance. Il faut dédramatiser la sexualité, réapprendre à s’amuser, à se sentir.”

C’est ce que fait, lentement mais sûrement, Joëlle. “Je me suis mariée très jeune; j’avais à peine 19 ans. Je n’avais pas une grande expérience sexuelle à l’époque, et j’en suis toujours à mes premiers balbutiements en matière de sexe. Il y a bien des copines qui ne suggèrent de me masturber mais, bien franchement, je ne sais pas trop comment m’y prendre. Et pour ce genre de chose, les livres ont beau nous donner des indices, ça ne marche pas toujours du premier coup.” Alors il faut persévérer… “C’est ce que je lui dis, ajoute Myriam, 27 ans, une copine de Joëlle qui a depuis quelques années appris à apprécier son autonomie sexuelle. Je lui ai montré tout mon appareillage, tout mes gadgets, mais je ne vais tout de même pas lui faire une démonstration.” L’amitié a des limites !

Myriam affirme que, pour elle, l’appel du corps se fait “pour rien”, pas nécessairement parce que l’image que lui propose la télé est suggestive ou que le roman qu’elle lit se révèle particulièrement épicé… “On dirait que c’est une question de biorythme, soutient-elle. Ça se produit environ deux ou trois fois par mois, mais c’est alors tout à fait impérieux comme besoin… et urgent! Heureusement, comme je suis plutôt habile et expérimentée dans le l’art masturbatoire, je peux parvenir à mes fins dans les endroits les plus étonnants, et sans que personne ne s’en rende compte.” Elle n’en dira pas plus…

Un pan cam, une question de rythme personnel

Le plan cam et le sexe quand on vit seule, c’est donc d’abord et avant tout une question de rythme personnel, de besoins que le sont tout autant, d’antécédents… “C’est drôle, je me souviens quand je venais tout juste de me séparer, si je passais une semaine sans faire l’amour, j’avais l’impression que j’allais en tomber malade, conclut Colette. C’est comme si j’avais intégré la notion que la génitalité était essentielle à la bonne santé. Il m’est arrivé de ne pas faire l’amour, ni avec un gars, ni avec moi-même, pendant plus d’un mois. Je n’ai pas développé de cancer. Je n’ai même pas attrapé la grippe. Et moralement je ne m’en portais pas plus mal. C’est alors que j’ai  vraiment compris que le besoin sexuel ne suivait pas nécessairement de calendrier et qu’il n’avait pas de montre. La libido que j’écoute maintenant, c’est la mienne; pas celle de mon partenaire, ni celle que les experts considèrent comme normale. La mienne, tout simplement.” Vu sous cet angle, le célibat, de n’est pas si terrifiant !

 Seules, et nombreuses devant leur cam

La réalité démographique planétaire explique pourquoi tant de femmes sont contraintes au célibat. Une étude menée par la firme américaine de recherche sociale Bennett-Bloom-Craig, à la fin des années 80, nous indique que les femmes recherchent généralement des hommes de trois ans leur aîné qui, selon le calcul démographique mondial, seraient moins nombreux qu’elles. “Pour commencer, les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans la population en général  (et ont peut le remarquer sur les sites de webcam) et elles vivent en moyenne huit ans de plus qu’eux. Ainsi, après un divorce, les hommes se remarient plus vite que les femmes.

En outre, il y a plus d’homosexuels que d’homosexuelles, et plus d’hommes que de femmes en prison, écrit l’auteure Susan Page dans son ouvrage Si je suis si formidable, pourquoi suis-je encore célibataire ? Pourquoi je suis sur les sites de rencontre de webcam sexy ?(Éditions Acropole). Si nous rassemblions tous ces chiffres sur un graphique, nous découvririons probablement que le nombre d’hommes disponibles pour le mariage est inférieur d’un demi-million à celui des femmes.” Les célibataires “par choix” ne viennent donc que rétablir un certain équilibre démographique.